I'm just a little girl lost in the moment
I'm so scared but I don't show it
I can't figure it out
It's bringing me down I know
I've got to let it go
And just enjoy the show

 

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Elle s’avança, silencieusement, ses petites chaussures en cuir arrivaient à recouvrir le bruit habituellement bruyant de ses pas. Prudence Costati, suivit d’un homme se disant photographe, poussa une porte en bois, avec pas mal de difficultés. Elle y trouva derrière une pièce, dont le mot “ordre” était le maître. Il était impossible même pour un lynx de voir la moindre poussière. La brunette se sentit bête, la pièce était presque vide, son excitement l’avait sûrement trompé à nouveau, quand elle y repensait, elle n’avait jamais questionné son nouveau supérieur sur le principe de son travail. Mannequin...mannequin était un mot bien vague, quelle idiote. Pour l’instant, rien ne s’avérait dangereux ou monstrueux et pourtant un mauvais pressentiment hantait les pensées de la belle brune. L’homme derrière elle lui indiqua qu’il s’agissait du vestiaire avant de la pousser près des autres assez violemment.

 

Elle restait surprise et plus le temps passait, plus elle avait l'impression que son malheur se rapprochait à toute vitesse. Ah l'innocence d'un enfant, contre la cruauté du monde... Elle soupira, avant de questionner les jeunes femmes qui se retrouvaient ici.

 

- Quel est notre objectif ici, exactement?

 

Une fine brune aux yeux verts se leva pour fixer la jeune femme, un sourire mesquin s’afficha sur son visage avant que cette joie de vivre passagère s’éteigne instantanément.

 

- Comme tu es naïve...soupira-t-elle. Tu pensais quoi? Que les métiers te tombent dessus comme ça? Sans efforts..J’ai envie de te voir croupir ici, juste pour avoir été aussi stupide.

 

La gorge de Prudence se serra tandis que la demoiselle s'assit sur une chaise nominative, elle sortit d'un tiroir, que la brune n'avait pas remarqué plus tôt, un peigne en nacre tout aussi beau que l'était la propriétaire. Notre héroïne, regarda la scène sans comprendre, elle avait l'impression d'être un extra-terrestre, tous ces visages inconnus la contemplaient comme si elle se trouvait être l'oeuvre la plus réputée d'une galerie d'art. Il y avait dans leurs yeux autant de fascination que de peine et de peur.

 

Celle qui devait se nommer “Veronina” selon la chaise sur laquelle elle était assise, continua de soigner ses cheveux. Au vu du comportement des autres, elle devait sûrement être la chef de ce petit groupe. Elle entrouvrit ses lèvres pulpeuses et Prudence craignait le pire, elle ne semblait pas être la personne la plus adorable et appréciable au monde, loin de là, son ton froid et son arrogance révulsaient toute idiote, espérant s’en faire une amie.

 

- Oh, mais assies-toi, je t’en prie, je me ferai un plaisir de répondre à ta question.

 

Elle ne savait pas pourquoi, mais Prudence, n’avait soudainement plus vraiment envie de savoir, on lui avait tellement vanté cet emploi et voilà que désormais, on était en train de lui révéler que tout ça n’était qu’une façade.

 

- Je peux encore partir, je n’ai pas signé de contrat, essaie de se rassurer la nouvelle.

 

 

Veronina approcha son visage de celui de l’autre pour regarder sa proie dans les yeux, le regard sévère et mystérieux, elle se tut. C’est comme si elle attendait que quelque chose se passe. Elle posa son peigne et mis sa main sur une des joue de sa voisine, celle-ci était tellement terrorisée qu’elle ne put qu’émettre un son de panique bien faible. Cette beauté, qu’était Veronina finit, après quelques secondes d’attente, à partir dans un rire démentiel. Qu’avait-elle, que lui avait-on fait? Elle semblait si souffrante qu’elle n’arrivait plus à ressentir de douleur ou de pitié, non, il n’y avait que de la haine et de la vengeance dans ses beaux yeux. Pourquoi un visage aussi doux avait eu à vivre des évènements sans doutes tragiques. La peur de Prudence, se transforma bien rapidement en pitié et en curiosité. Destabilisée, par ce regard inhabituel sur elle, la demoiselle au peigne en perdit un peu sa voix si envoûtante. Elle finit tout de même par réussir à soupirer, ce qu’elle attendait de dire depuis un long moment, cette phrase, qui elle le savait, servirait d’avertissement à sa voisine et d’amusement pour les autres prisonnières.

 

- Parce que tu crois qu’ils te laissent le choix? Bienvenue en enfer Snegurochka.

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Sa voix était vraiment sincère cette fois et si Prudence n'avait aucune idée de ce que ce nouveau surnom voulait dire, elle savait que c'était loin d'être une insulte, plus un petit mot amical qui rendait Prudence plus gamine qu'elle ne l'était. L'autre avait tellement l'air d'avoir tout vécu que la brune se sentait si petite face à elle. Même si elles devaient avoir à peu près le même âge, l'une semblait si mature face à l'autre, s'en était troublant.

 

Impuissante, même si Prudence souhaitait se lever et fuir, elle en était incapable autant captivée par Veronina que pétrifiée par la peur et l'inquiétude, elle était figée. Ses jambes ne fonctionnaient que pour porter son lourd corps si fragile et ses bras uniquement pour être collés contre ses hanches, aussi fatiguées que son regard lui l'en donnait l'air. Elle n'avait pas dormi, bien entendu. Ses nuits étaient toujours occupées à chercher ceci et cela sur internet, à découvrir des mystères aussi faux qu'ils paraissaient réels. Son côté obsessionnel la poussait à se perdre encore et encore, toujours plus profond, dans les limbes de la toile. Mais en cet instant, c'était comme si elle avait tout oublié. La raison de sa présence sur cette terre, le surnaturel, sa famille, absolument tout, toute sa vie s'était envolée de sa vie et il n'y avait plus que le visage de cette femme si mystérieuse, dans ses pensées. Il faut croire qu'elle s'était trouvée une nouvelle inspiration, une nouvelle chose à épier, à admirer, à découvrir et à connaître. Pourquoi elle ? Pourquoi cette personne si froide, si inaccessible, si différente d'elle ? Elle n'en avait aucune idée, peut-être que Prudence avait au final toujours attendu une rencontre avec quelqu'un qui ne la voyait pas comme une personne agréable et tout le temps joyeuse. Elle la prenait en pitié, pour des raisons que Prudence ignorait un peu, mais c'était bien la première fois qu'on l'a regardé de cette manière, que quelqu'un avait l'air de comprendre que cette gamine perdue avait aussi le droit de se sentir triste et mal.

 

C'est ridicule vous me direz ? Mais vous êtes incapable de savoir à quel point il est facile de souffrir en silence sans que personne ne le remarque, ni cette espèce de fascination que l'on peut ressentir lorsque l'on découvre quelqu'un qui semble comprendre. Même si Veronina n'a jamais vraiment exprimé son opinion et si peut-être tout cela n'est qu'un avertissement qu'elle donne à chaque nouvelle recrue, Prudence avait vraiment la sensation que la jolie brune était plus qu'une mannequin enfermée dans sa carapace. Après tout, elle était humaine et ce jeu ne tromperait jamais la jeune Costati. Elle avait des espoirs plein les poches, traitez-la d'imbécile, mais peu importe, elle croit en l'humanité et c'est bien cela qui la rend aussi forte que vulnérable.

 

Elle resta à son emplacement, essayant d'analyser les émotions qu'elle pouvait bien ressentir. Elle était tellement fascinée par sa nouvelle collègue, qu'elle n'arrivait même plus à comprendre le flot de sentiment qu'elle éprouvait. De la peur ? De l'envie ? De l'excitation ? De la nostalgie ? Pleine d'espérance ? Ou encore terrorisée ? Parce que bien évidemment, si elle semblait l'oublier, Prudence n'avait aucune idée d'où elle était ou de la situation difficile dans laquelle elle s'était mise. On venait de lui apprendre que ce qu'elle avait cru être un rêve n'était au final qu'un cauchemars. Cette imbécile, au lieu de paniquer et de commencer à se sentir étouffer, elle avait perdu tout sens commun. C'était peut-être l'angoisse après tout ? Elle pouvait être tellement mal que son subconscient préférait lui cacher l'horreur de la situation ? Non...non ce n'était pas ça, il faut croire qu'elle n'avait rien à faire de ce qui pouvait lui arriver, c'est comme si sa vie n'avait plus d'importance.

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Tandis que ses yeux fixaient le vide, elle sentit un regard pesant sur son corps. Elle décida donc de revenir dans le monde des vivants et de plus s’intéresser à la situation au profit d’un questionnement sur ses émotions.

Elle avait l'impression d'être une bête de cirque, toutes les jeunes femmes la regardaient avec amusement, les yeux écarquillés. Elle ne s'étonnerait même pas si une d'elle sortait de derrière elle un petit paquet de pop-corn à grignoter. Prudence était clairement devenue un spectacle plus qu'une personnalité. Elle réalisa vite qu'au final, le mannequinât ne serait que ça. Jeu d'apparences, ils se fichaient de ta gentillesse ou de ta méchanceté...autant être aigri dans ce cas non ? Elle ne serait qu'une image, trop belle, trop laide ou trop parfaite. Les images ne réfléchissent pas, les images ne ressentent pas, les images sont statiques et sourissent pour les gens qui les regardent, les images ne sont que des objets. Elle arriva vite à comprendre ce que voulait dire la jeune femme en face d'elle. C'était bien simple, il ne s'agissait pas d'un enfer où les gens se servaient de toi et te faisaient du mal. Elle n'essayait pas vraiment de lui faire peur ou de s'amuser de sa situation. Elle tentait juste de la prévenir au final.

Peut-être non...Prudence ne savait pas, elle avait l'impression que peu importe ce que lui ferait endurer Veronina, elle trouverait toujours une façon de ne pas la blâmer. Elle avait l'ai d'avoir tellement vécu, tellement souffert, la jeune femme ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'au final, l'autre n'était pas responsable de ses actions, ce n'était que la tristesse qui avait pris possession de son corps, son magnifique, bien que maigre, corps.

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La mannequin avait raison, Prue était coincée, elle savait qu'elle devait partir et fuir, mais elle ne le pourrait jamais. Elle savait qu'ils ne la lâcheraient jamais. Comme un caprice d'enfant, ils la voulaient et ils finiraient par l'obtenir. De toute façon, elle n'avait même pas envie de se débattre. Etait-elle si faible ? Probablement... Elle ne l'aurait jamais cru. Elle était Prudence après tout, elle avait élevé son frère, elle avait des dons de télékinésie, elle avait vécu sans sa mère, restant toujours insouciante et merveilleusement heureuse. Alors, pourquoi maintenant, simplement devant les yeux et les paroles de quelqu'un elle avait l'impression d'être totalement brisée ? Elle était simplement devenue complètement misérable et dépendante de cette personne, son visage, sa voix, ses expressions, son accent et ses manières. Prudence savait à cet instant même que l'autre pourrait faire tout ce qu'elle voulait d'elle, parce qu'il n'avait suffît que d'un regard pour qu'elle tombe totalement et éperdument amoureuse d'elle. C'est pour ça que Prudence ne lutterait pas, ne partirait pas, quitte à souffrir le martyr, elle voulait juste rester près d'elle et lui prouvait qu'elle était capable d'être aimé.

La jeune Costati n’aurait jamais pensé être le genre romantique torturée...il fallait croire que c’était de famille.

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Désolée de ma lenteur, j'avais des soucis, c'est tout pourri et tout petit, sorry sorry. Anyway...Chanson: https://www.youtube.com/watch?v=rvncqKNVtlI

Blabla je vous aime...